Dessiner les traumatismes
« Dessiner, esquisse d’une émancipation », est le dossier spécial de ce numéro 14 de La Déferlante.
L'article "Dessiner les traumatismes" aborde le dessin en tant que soin et aussi "moyen de parler au reste du monde des traumatismes et des oppressions collectives. Pour espérer guérir en tant que société".
L'article évoque l'association déflagrations, son travail de documentation et de sensibilisation. Y sont reproduits les dessins d'un adolescent érythréen survivant d'un naufrage en Méditerranée (2019) et d'un enfant syrien réfugié en Jordanie (2017) - tous deux furent accompagnés par des équipes humanitaires de Médecins Sans Frontières. Une autre enfant, Kenza, victime avec sa mère Hager de l'attentat à Nice du 14 juillet 2016, évoque (sept ans après) son dessin réalisé à 4 ans et demi à l'hôpital Lenval.
Elle se rappelle aussi du moment où elle a aperçu son dessin dans l'exposition "déflagrations" au MUCEM (2021), parmi tous ceux réalisés par d'autres enfants témoins et victimes de violences de masse : « On n'a pas vraiment vécu la même chose, mais on a le même rapport [au monde] : on entend des tirs, des trucs, même si ce n'est pas là. On est comme unis, rassemblés, même si on se connaît pas. » [...] « Je veux que les gens voient ma colère, mes émotions, ce que j'ai vécu », ajoute-t-elle à la journaliste. Plus tard, en 2019, « en séance avec une art-thérapeuthe où il fallait représenter son super pouvoir, elle a fabriqué un petit masque bleu avec des plumes jaunes sur lequel elle a collé des dizaines d'yeux, comme pour illustrer son hyperviligance : "Quand on voit, on se sauve" ».
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Dessin ci-dessus réalisé par un garçon syrien de 8 ans, réfugié à Irbid en Jordanie, centre de santé mentale Médecins Sans Frontières, 2017.
Il a dû fuir la Syrie avec sa famille en 2012, en Jordanie. A la proposition de dessiner un rêve, il acquiesce, puis saisi ses crayons et s’applique quinze minutes durant à réaliser ce dessin, sur lequel il dira : « C’est une porte et une voiture. Nous revenons dans notre pays. Je me souviens de la porte. Elle était bleue. Je suis dans la voiture, avec toute ma famille. »
Source : Médecins Sans Frontières / Déflagrations